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dimanche 22 octobre 2017

L'homme, ne peut pas ne pas adorer


L'homme, en raison de sa véritable nature, ne peut pas ne pas adorer; et si sa perspective est coupée du plan spirituel, il trouvera un "dieu" à adorer à un niveau inférieur, dotant ainsi quelque chose de relatif de ce qui seul appartient à l'absolu. D'où l'existence aujourd'hui de tant de "mots tout-puissants" comme "liberté", "égalité", "instruction", "science", "civilisation", mots qu'il suffit de prononcer pour qu'une multitude d'âmes se prosterne en une adoration infra-rationnelle. Les superstitions de la liberté et de l'égalité ne sont pas seulement le résultat mais aussi, en partie, la cause du désordre général, car chacune, à sa manière, est une révolte contre la hiérarchie; et elles sont d'autant plus pernicieuses qu'elles sont des perversions de deux des élans les plus élevés de l'homme. Corruptio optimi pessima, la corruption du meilleur est la pire.

~ Martin Lings, Croyances anciennes et superstitions modernes

mercredi 18 octobre 2017

Se noyer dans les versets du Coran


Si, se référant à notre symbolisme de base, on demande quelle est la forme prise par le flot de la marée, il faut répondre qu'il prend surtout la forme d'un livre, le Coran. Les soufis parlent de « chercher à se noyer » (istighrâq) dans les versets du Coran qui, selon l'une des doctrines les plus fondamentales de l'Islam, sont la Parole incréée de Dieu. Ce qu'ils cherchent, c'est, pour employer un autre terme soufique, l'extinction (fanâ') du crée dans l’Incréé, du temporel dans l’Éternel, du fini dans l'Infini ; et, pour certains soufis, la récitation du Coran a constitué, durant toute leur vie, le principal moyen de concentration sur Dieu, ce qui est l'essence même de tout chemin spirituel. Il arrive que des soufis le récitent continuellement – par exemple, en Inde et en Afrique occidentale –, même s'ils savent très peu d'arabe ; et si l'on objecte à cela qu'une telle récitation ne saurait avoir sur l'âme qu'un effet fragmentaire étant donné que l'intelligence des récitants ne peut y participer, on répondra que leur intelligence est pénétrée par la conscience de participer à la Parole divine. Ils savent, en outre, que le Coran est un flux et un reflux – qu'il flue de Dieu vers eux et que ses versets sont des signes miraculeux (âyât) qui les reconduiront vers Dieu, et c'est précisément pour cela qu'ils le lisent.

~ Martin Lings, Qu'est-ce que le soufisme ?